Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 18:38

 

4181_1155556601646_1009627930_30472256_7777404_n.jpgL'enfance, comme aucune autre période de la vie, est la plus belle parce que la plus honnête. Pendant ce court moment, les attitudes les plus extrêmes sont permises. N'observez-vous jamais comment les enfants abordent leurs émotions ? Ils ne pleurent pas ils braillent fort, ils ne crient pas ils hurlent, ils ne se fâchent pas mais deviennent furieux... En une seconde, ils peuvent passer d'un état à l'autre en toute liberté, personne ne les prendra pour des fous. Contrairement à nous, ils semblent sincères dans chacun de leur gestes, dans leurs paroles dénuées de tout sous-entendu. "La vérité sort de la bouche des enfants", mon Dieu comme c'est vrai.


Je pense à cela en ce moment car j'observe les gamins qui m'entourent puis les compare aux adultes que je côtoie. J'en suis venu à une conclusion.


Nous ne sommes que de grands enfants qui nous retenons de l'être, frustrés.


Je comprends que l'on se retienne, par soucis de civilité, aujourd'hui ceux qui se comportent comme j'ai décrit, c'est les fous et les clochards de Paris. Et c'est tellement dommage.


Une fois, mon neveu âgé de sept ans s'était mis dans la tête qu'il fallait qu'il me dise "je t'aime" toute la journée. Il le fit donc, avec beaucoup de câlins, de compliments en plus. Ce jour là, je me suis rendue compte que je ne lui avait jamais autant crié dessus pour ses bêtises. A l'heure du goûter, il me redit: "je t'aime tata." Alors je m'apercevait, que malgré ma mauvaise humeur excessive du jour, il n'avait jamais cessé de me répéter ces mots. Pour nous c'est banal qu'un enfant nous déclare: "tu es belle" ou "je t'aime". Et pourquoi n'est-ce pas aussi important que si un adulte nous le dit ? Pourquoi, dès lors qu'ils mesurent moins d'1m20, ils n'ont le droit à aucune légitimité ? Je m'en suis voulue de mon impatience envers mon neveu, les enfants sont assurément les êtres les plus indulgents que l'ont fréquente.

Ils ne demandent rien de plus basique que d'être nourris, d'être habillés (et encore) et d'avoir de quoi s'occuper. Et parfois même on leur dit, "inventes un jeu avec tes doigts" ils le font, non sans broncher, mais ils y parviennent tout de même (vu dans la salle d'attente du docteur).


Avec un adulte, on doit être capable de savoir tenir une conversation dans laquelle l'un essaie de se comparer à l'autre inconsciemment "Qu'a t-il de plus que moi?", "Qu'a t-il à m'apporter intellectuellement (ou autre)?".

Leur joie de vivre apparente réside dans ce fait qu'ils n'ont encore rien à prouver, ils n'ont pas à justifier leur présence sur terre. Quand on grandit, j'ai l'impression qu'on doit trouver ce but, que notre bonheur se situe là, à ce point précis. Nos priorités diffèrent peu les uns des autres contrairement à ce que l'on croit: Que ferais-je au terme de mes études? Avec qui vivrais-je? Ou voudrais-je mourir? Qu'est ce que prévois pour samedi soir?

Tant de questions qui nous éloignent toujours un peu plus des enfants.


Capables de haïr autant que d'aimer, ils sont aussi d'une méchanceté incomparable mais cela va de pair avec leur pouvoir d'être gentils.

En me rappelant de mon enfance, je me dis qu'elle fut colorée et pas si triste, de l'école à mes tenues tellement atroces mais dont je me foutais royalement. Je me souviens de mes vacances en Algérie pendant lesquelles, les garçons de mon âge essayaient de m'emmener dans des coins reculés pour me «faire voir des trucs.» Heureusement, j'y ai échappé grâce à la surveillance sévère de mes frères. En y repensant, je me dis que les adultes ne sont vraiment pas si différents des enfants, seuls leurs moyens de parvenir à leur fins malsaines changent.


Ce que je trouve fascinant chez eux, c'est qu'ils ont un côté malin tout en étant des anges, ils sont agressifs tout en étant doux, moqueurs et flatteurs en même temps. Ils sont tellement inconstants et imprévisibles qu'il y a tout un monde entre eux et nous. Parfois, je veux m'énerver sur ma nièce et je ne sais pas pourquoi, je sens dans son regard quelque chose de narquois mais d'impossible à saisir. Les enfants semblent savoir, et nous non alors que paradoxalement c'est nous qui avons acquis la science et eux qui sont les ignorants. Je me rappelle aussi de mes frères et sœurs, qui profitaient de mon incrédulité pour me faire croire, manger, boire, n'importe quoi, me faire aller n'importe où, leur chercher tellement de choses, leur rendre tellement de «services forcés». Quand je me surprends à répéter les mêmes moqueries sur «mes petits» je me dis que nous profitons beaucoup d'eux tandis qu'ils nous offrent sincèrement tout ce qu'ils ont et sont.


Moi aussi, j'aimerais sangloter sans raison, crier à tout heure et courir après les chiens-des-gens, je voudrais avoir le nez qui coule et que maman me mouche avec plus ou moins de douceur, je voudrais dire à papa qu'il est beau et susciter l'attention de toute l'assemblée dès que je déclare la moindre connerie, je voudrais que tout soit blanc ou noir et que la vie me soit aussi simple, comme elle l'est pour ces petits chanceux.

 

 

 

Par zaynab
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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /Jan /2010 09:42
Algerie
Ces jours-ci, en relisant de vieux articles sur la guerre d'Algérie et sur la France de 62 j'ai découvert ce que je savais déjà sur les Algériens je cite:
"Aussi, rien d'étonnant si ce grand peuple peut paraître relié aux extrêmes: l'émotion, la générosité, la douceur de vivre, la joie et l'humour qui imprègnent les vibrations de sa vie quotidienne d'un coté; la violence et la sécheresse, de l'autre coté. C'est un être extrême car chez lui la passion transfigurante voisine avec une histoire jonchée de cadavres mais l'algérien est pudique, au point où son aptitude à l'oubli et sa capacité au pardon confinent à l'aberration psychique."
Et j'ajoute: " Mais l'algérien, toujours à la recherche de ce qu'il voudrait être, n'a pas résolu ce qu'il est."

Cette dernière phrase m'a énormément troublé. Tout ce passé que je n'ai pas, a resurgit. Ces vaines tentatives à me sentir Algérienne m'ont frappé là où je ne m'y attendait pas, dans le motif de mon existence même. Je n'ai pas d'histoire et je ne peux pas en avoir, née là-bas, on m'a arrachée à ma terre pour me sauver d'une vie qui aurait été probablement chaotique, on m'a sauvé pour que j'ai le droit au confort, à la sérénité d'une vie toute tracée, toute droite comme un chemin paisible. Ils sont paisibles ceux qui savent d'où ils viennent, dans quel département ils sont nés. Moi je ne sais rien de tout cela, ce langage "actenaissancien" m'ai totalement inconnu, la seule chose qui atteste que j'existe est une moitié de feuille, déchiré, sale, avec une écriture plus que médiocre et bancale, celui ou celle qui a écrit n'avait même pas pris la peine d'écrire sur les lignes et n'avait pas hésité à raturer plusieurs fois le prénom de mon paternel.

Preuve d'une vie superflue, encore une.

Maman aime photocopier cette feuille, tout un classeur en ai rempli, "au cas ou" dit-elle. Dans une perspective psy(chatrique)chologique j'aurais surement vu dans cet action, un effort futile pour me donner vie concrètement à travers ces pages. Car maman le voit bien, comme si elle avait été mienne pour de vrai, elle a remarqué qu'il n'y a, depuis peu, plus rien à tirer de mes yeux. Car celui qui ne possède ni d'ici, qui ne peux se rassurer d'avoir un "ailleurs" n'a pas d'âme ou à peine. "Ici je ne suis pas chez moi, moi je suis une arabe." dis-je avec toute la fierté que je peux sur-joué sans peine. Là-bas: "Moi je suis que de passage ici, je retourne dans mon pays bientôt, la France, et heureusement." J'ai doublement perdu toute identité, moitié Zineb Lakhdari un peu Zineb Kerida et parfois Zeineb Kerida. Ce changement d'orthographe n'était pas anodin, je ne l'ai remarqué que longtemps après l'avoir fait. C'était le début d'une schizophrénie identitaire, aboutissant à un mal être évident, palpable.
Je ne peux jouer sur les deux tableaux, parler arabe, parler français. C'est bien trop dur, beaucoup y arrivent car j'en ai lu des livres sur ces algériens, marocains, tunisiens voulant «s'intégrer» mais j'ai souvent le sentiment que c'est au détriment d'une part de nous qu'on met en lumière l'autre part. On ne peut jouer deux personnage, un avec François et un avec Mohamed sans être faux avec l'un des deux.. Encore une fois, certains y parviennent aisément, et se sentent bien. Mais moi je ne peux pas. Moi je n'ai pas de terre, je ne suis ni algérienne ni française. Aujourd'hui, je ne suis personne.
Par zaynab
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 21:30

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"Il y a deux dieux. Le dieu que nous ont enseigné nos professeurs, et le Dieu qui nous prodigue Ses enseignements. Le dieu dont les gens ont coutume de parler, et le Dieu qui nous parle. Le dieu que nous apprenons à craindre et le Dieu qui nous parle de miséricorde.
...
Il y a deux dieux. Le dieu qui est au plus haut des cieux et le Dieu qui participe à notre vie au quotidienne. Le dieu qui nous fait payer et le Dieu qui efface nos dettes. Le dieu qui nous menace des châtiments de l'Enfer et le Dieu qui nous montre le meilleur chemin.
...

Il a deux dieux. Le dieu qui nous écrase sous le poids de nos fautes et le Dieu qui nous libère par son amour."



Par zaynab
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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /Juin /2009 23:55

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Moi, à ta vue, je reste sans voix, ma langue se brise, la fièvre me brûle, mes yeux se brouillent, mes oreilles bourdonnent, je sue, je frissonne, je verdis, je crois mourir.



Alphonse-Etienne-Nasr el dine DINET,

"Esclave d'Amour et Lumière des Yeux"

1895, Musée d'Orsay, Paris.

Par zaynab
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 11:14

Il y a quelques mois j'ai subie une expérience, qui m'a faite découvrir une partie de moi-même dont je ne soupçonnais même pas l'existence. J'enjambe les détails, je me suis retrouvée par terre assise dans la rue à regarder le sol, désirant plus que tout, être en dessous.

Il devait être minuit, une heure et la nuit noire n'arrangeait rien. J'avais fumé, et j'ai vécu à cause de ça ce qu'on appelle "un bad". On m'avait déjà raconté plusieurs fois ce que c'était, mais je n'écoutait que d'une oreille ces gens que je prenais pour des "mi-mythos", je pensais qu'il prétextaient ce bad pour se décharger de leur mal être qu'ils supportaient en silence habituellement. Il n'en ai enfaite rien.


Je riais, fumais, riais, tirais, riais.


Puis le bédo s'éteint et comme il est dans ma bouche, c'est moi qui doit le rallumer. C'est à ce moment précis, qu'on pourrait presque scénariser très lentement, que ma descente aux enfer débute. Je l'ai mal allumé ce qui me fait tousser très fort, je m'étouffe presque mais j'ai toujours le sourire aux lèvres. J'entends vaguement un "olalalaaaa, t'es naze". Mon sourire s’efface immédiatement, ma tête retombe et si elle n'était pas accrochée à mon corps elle se serait sans doute arrachée tant la force de cette chute me fut violente. Je ne lâche plus le sol noir des yeux. Je tends le bédo à je ne sais qui avec un"dépêche toi" désespéré.


Ma gorge, mon palais, chacune de mes dents semblent être anormalement asséchés, j'ai l'impression que si j'ouvre la bouche mes lèvres se décolleront qu'en arrachant ma peau. J'ai très soif, trop soif. Je suis lourde, mes yeux ne veulent plus s'ouvrir mais ce n'est pas grave personne ne le voit étant donné qu'ils nagent dans l'ombre de leurs fous-rires, moi je me noies plutôt dans l'angoisse totale.


Les pensées que j'ai eu ce soir là, on ouvert une brèche en moi qui depuis, ne s'est pas refermée. Je voulais mourir, et je n'ai jamais voulu cela auparavant, quoi qu'il m'arrive. D’abord parce que je suis trop lâche ne serait-ce que pour penser à passer à l'acte, et puis parce que j'aime la vie qu'elle soit belle ou non. Si cette épreuve m'étais arrivée alors que je fus seule, Dieu sait ce que j'aurais fait.  Chaque parole que j'entendais, se dupliquait dans ma tête, chaque phrase qui me parvenait se retournait dans mon cerveau de manière atroce, négative.
Je n'était pour moi que le modèle vivant d'un échec honteux, tous les doutes que j'avais pu avoir dans vie, sur l'école ou mon avenir revenaient au galop pour m'attaquer de plein fouet, toutes ses mauvaises idées sur mes proches, ma famille ou sur mon propre statut "d'enfant abandonnée" se dessinaient devant moi, se mettaient en scène au service de mon malheur. Je sombrais dans la folie. Et ce qui est d'autant plus marquant, c'est que rien ne transparaissait de tout cela. Pour les autres, j'étais juste "un peu" malade, physiquement. Mes yeux transperçaient plus que jamais ce sol qui m’appelait à lui.

J'étais muette et lorsque j'essayais de parler, les autres ne comprenaient rien. Je disait pourtant "je ne me sens pas bien" mais ils pensaient sans doute que j'avais envie de vomir. J'ai en effet vomi, mais ce n'était pas mon corps qui le réclamait, je croyais qu'en faisant ainsi, le démon qui m'habitait alors, s'échapperait. Mais rien, il demeurat, insistat et ce, jusqu'à l'aube.


Par zaynab
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 19:50

Lu,

Je ne sais pas d'où me vient cette passion pour les livres alors que rien dans ma vie, ne me poussait à elle. Quand j'était petite mon père m'empêchait de lire ce qui n'avaient rien à voir avec l'Islam ou la langue arabe, je ne pouvait pas lire de romans parce que pour lui il n’apprenaient rien sur la vie, les sciences et les connaissances "utiles" en générale. Ainsi étais-je privée des joies de Ratus et des aventures de Max et Lili que mes copains avaient à la pelle chez eux. Les seuls moment ou j'échappais à son œil buté c'était les mardis après midi, jour de la bibliothèque à l'école élémentaire du Parc Mirablon. Je pouvais alors circuler, libre et heureuse parmi les trésors de la ville, les "Encyclopes", les livres-jeux colorés, les "Tom-tom et Nana" et les "Tchoupi", les "Ours", le magazine "J’aime Lire" et tous les autres dont je ne me souviens même plus mais qui pourtant m'ont appris à lire. Ils on tous formé mon imagination, l'ont modelée sans les mots pour l'exprimer, qui viendront bien plus tard.

En grandissant je délaissait les petits livres pour de plus gros, à la maison je disais à papa que le « Fais moi peur » que j’avais dans les mains c’était "pour l'école" quand il me questionnait. J'avais été faire moi même ma carte d’abonné à la bibliothèque, fière de cette émancipation prématurée, j'étais en sixième. Je n'était pourtant pas de ses enfants qui se cachaient derrière leurs lunettes et leur bouquins comme on peut en voir parfois (bien que cette espèce est en voie de disparition), je gardais cette attrait pour mon plaisir personnel, je n'aimais pas l'étaler et je ne disais jamais que j'avais aimé le livre "que le prof nous a forcé à lire". (une pensée pour le Fantôme de Canterville, mon premier roman lu en entier, ce que je dois à Monsieur Leminoux)

Aujourd'hui les temps ont changés, mon père s'est fait une raison, mes frères et sœur qui s’amusaient de cette « lubie » aussi. Moi je me suis jetée comme une affamée dans toutes les aventures posées sur mon chemin, sans répit je n'ai cessé de lire. Je vous épargne l'apologie de mes plus beaux romans, et des histoires avec lesquelles j'ai juste plané. Disons qu'il y a quelque chose d’assez étrange qui se passe quand je lis quelque chose qui me touche, me saisi. Cette expérience est très personnel voire intime, le livre procure une sensation qui ne se passe qu'à l'endroit ou personne ne peut pénétrer: le cœur, l'esprit bref, le plus insondable de nous même. Ca peut paraître lubrique mais c’est exactement ce que je ressens, il magnifie ou horripile tous mes sens, c'est cela que je recherche en lisant. Ce que je trouve parfois dans un passage, rarement dans toute une œuvre.

Forcement, tout ça me fait penser à "L'orange mécanique" d'Anthony Burgess, qui me fut à ce jour, le plus saisissant de tous. Le plus cruel sans doute aussi. Ce ne fut pas une baffe mais un véritable viol collectif de 300 pages et même une gigantesque orgie de sentiments mêlés entre dégoût, admiration, haine et véritable sympathie, tout cela pour un seul personnage : Alex.
La première fois que je l'ai "affronté", j'ai sincèrement mis plus d'un mois. Insoutenable, je m'arrêtais, puis recommençais, m'arrêtais de nouveau et ainsi de suite des dizaines fois. C'est presque inexplicable, il faut le lire pour comprendre. Une gêne immense m'envahit toujours des les premières lignes et la force malsaine qui s'en dégage est à la limite du tolérable. Alex, n'est pas ce genre de héro qu'on adore haîr parce qu'il agit comme on n'oserait pas même dans nos rêve les plus infâmes, ce n'est pas aussi simple. Souvent je me disait que lui et sa bande n'attendent que le bon moment pour sortir de leur trous j'en suis sure, et ce vocabulaire magique inventé par l'auteur sera en passe de se glisser sur toutes les lèvres de nos jeunes cons.
"C'est le livre du désespoir" dit la quatrième de couverture, je ne l'aurais pas mieux dit monsieur l'éditeur. C'est purement un autre monde qui y ai décrit, si fantastique et pourtant tellement réel. Vous savez quand vous avez regardé un film par exemple et que ses images ou ses musiques vous reviennent encore quelque heures après. Il m'a toujours fallu plusieurs semaines à me remettre de cette merveille empoisonnée. Je n'ai, par ailleurs, jamais voulu me passer le film de Kubrick, peut être pour garder mon Alex et ses drougs intactes dans mon imagination dès lors pervertie, détraquée.

Par zaynab
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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 12:19

J'ai cherché pendant des semaines un sujet pour écrire de nouveau. Il y a un sorte de blocage entre mes doigts, une crampe qui empêche mon esprit de mettre à profit concrètement ce que je pense, et Dieu sait que ça travaille là-dedans. J'ai des centaines d'idées, qui fusent tous les jours, tout le temps, à chaque minute, du réveil au coucher. La raison pour laquelle je n'arrive pas à "mettre bas" (alléchant non?) tout ceci, c'est tout simplement que je manque de mots. Je le dis souvent à ceux qui croient aimer ma plume, ils n'ont pas l'air de se rendre compte à quel point elle est superficielle, faussée et bourrée de synonymes ingrats. Mon style n'est qu'une fumisterie géante qui ne relève de rien du génie ou de la beauté, je sais peut être juste toucher là ou il faut, comme il faut. Rien de bien louable.

Mais bref, j'ai trouvé quelque chose à dire, et surtout comment le dire. L'autre jour j'étais en voiture avec mon père, cela faisait bien des mois que je n'étais pas monté avec lui. Il n'y a pas de raison particulière à cela, nous n'avions rien à faire ensemble, c'est tout. Et comme cela faisait un bout de temps, j'avais oublié son attrait pour le monologue interminable et la rhétorique incessante: Mon père aime me poser des questions, et y répondre surtout. Mais pas le genre de questions sur moi, ou des sujets actuels qui me regardent de près ou de loin, mais plutôt dans une dimension exclusivement spirituelle et religieuse, qui me dépasse en somme. Mais ces questions là, avaient la particularité d'être enfantines, comme celles qu'on pose au petits pour tenter de leur faire comprendre le sens des choses de la vie. Même si je murmurais quelque fois la réponse criante de simplicité, il l’amplifiait fois dix.
Je ne comprenais pas pourquoi il continuait à me faire subir ces questionnaires idiots au premier abord 19 ans après, "alors pourquoi le soleil brille?", "les animaux parlent-ils?" "si on te demande si tu veux aller au paradis ou en enfer, tu choisis quoi?" voilà le genre de "colles" auquelles j'étais confrontée.
Pour ceux qui ne connaissent pas la religion, cela parait bizarre voire même louche de la part d'un homme de 60 ans censé être "censé", mais enfaite aujourd'hui ces questions qui m'étaient insupportable de part leur évidence il y a peu (ah, adolescence cruelle.) m'ont faite sourire la dernière fois.

Outre ma fierté incrédule de répondre ce qu'il fallait avec beaucoup plus de voix cette fois ci, je voyais clairement ce qu'il voulait me transmettre depuis tant d'années, depuis tant de trajets en voiture. "Le soleil brille, parce qu'Allah le fait briller!", "Les animaux ne parlent pas biensûr! Mais ils adorent tout de même leur Seigneur!" "C'est tout à ton honneur de choisir le paradis, alors mérite le!" me répondait-il.

Cela me rendait folle d’agacement avant, et si nous avions pris un auto-stoppeur dans ces moments là, il nous aurait sans doute pris pour des allumés et aurait sauté de la voiture en marche. Mais la dernière fois, je ne réclamais pas plus de raisonnement logique que ceux qu'il me donnait, il était bon de voir l'amour dans ses yeux (je n'abuse vraiment pas.) l’émerveillement dans ces paroles, ses "soubhan-Allah!" (Dieu soit loué) à chaque fin de phrase. En dehors de ces trajets en voiture, je ne prenais jamais le temps de m’asseoir à côté de lui, et de l'écouter si ce n'est pendant les 10 minutes du dîner pendant lesquelles il commente les informations (de manière absolument hasardeuse d'ailleurs). Et j'ai beaucoup regretté. D'avoir fuit ces moments inestimables autrefois, si bien que l'autre jour je lui ai demandé de m'emmener quelque part, pour une raison tout à fait bidon. Pour pouvoir l'écouter, répondre à ses "paraboles", et tenter même dans un moment de témérité lui placer mes connaissances littéraires et philosophiques (mais ça c'est une autre histoire) et finalement aimer cet homme de façon admirative et pure.

Par zaynab
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Le plus grand Jihad, n'est-il pas contre soi-même?

 
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